Après l’accueil triomphal réservé au premier volet de cette réinterprétation colossale, que nous avions d’ailleurs analysée en détail dans notre test de Final Fantasy VII Remake Intergrade, Square Enix passe à la vitesse supérieure.
Toujours développé et édité par le géant japonais, FINAL FANTASY VII REBIRTH débarque sur Xbox Series pour nous extirper des murs étouffants de Midgar et nous jeter dans l’immensité d’un monde extérieur plein de promesses. Projet pharaonique destiné à raviver la flamme de l’un des plus grands monuments du jeu de rôle, ce deuxième volet se frotte aujourd’hui aux exigences techniques de la console de Microsoft.
Une odyssée narrative poignante portée par des compagnons inoubliables
Sortir de Midgar, c’est embrasser un horizon de liberté, mais c’est surtout approfondir des liens humains d’une rare intensité. Ce deuxième acte brille avant tout par sa narration et l’écriture de ses personnages. Cloud, Aerith, Tifa, Barret et les autres acquièrent ici une profondeur psychologique remarquable, magnifiée par un doublage et un casting vocal tout simplement irréprochables. Les interactions entre les membres du groupe insufflent une âme incroyable au voyage, oscillant constamment entre des moments de pure camaraderie et des instants d’une émotion déchirante.
La mise en scène multiplie les séquences spectaculaires et livre un fan service d’une générosité folle, calibré pour faire chavirer le cœur des amoureux du jeu original de 1997. Néanmoins, cette ambition narrative n’est pas sans écueils. Dans sa volonté de réinventer le destin et d’intégrer des réalités alternatives complexes (notamment autour du personnage de Zack), le scénario s’égare parfois dans des explications alambiquées qui risquent de perdre ou de diviser une partie des joueurs sur sa dernière ligne droite. L’épopée reste malgré tout un sommet de narration interactive qui marque durablement les esprits.
Un spectacle visuel grandiose terni par les heurts du portage
Sur le plan de la direction artistique, le titre est une claque de chaque instant. Les environnements traversés fourmillent de détails, les cinématiques affichent une superbe maîtrise dramatique et le design des personnages force le respect. Cependant, l’expérience technique sur Xbox Series s’avère plus mitigée si l’on cherche à retrouver la fluidité absolue d’autres plateformes. Et même si l’optimisation a fait l’objet d’un travail de longue haleine, le résultat présente des faiblesses notables.
Le mode 60 images par seconde souffre en effet de chutes de framerate régulières, de saccades (hitching) et d’un effet désagréable de sautillement lors des mouvements de caméra (camera judder). À cela s’ajoutent des textures parfois très floues en basse résolution, du flickering lumineux et un pop-in d’éléments de décor assez visible. Face à ces désagréments, le mode 30 images par seconde s’impose naturellement comme la meilleure option de jeu : l’image y est infiniment plus stable et nette, permettant d’apprécier pleinement la splendeur visuelle du titre sans souffrir de ces artefacts visuels gênants.
Entre fidélité respectueuse et réinvention de la structure ouverte
Le grand défi de cet épisode résidait dans sa transition vers un monde ouvert. Square Enix réussit le tour de force de moderniser les zones légendaires d’antan en y injectant une verticalité saisissante. Le sentiment de découverte est bien réel lors des premières heures. Malheureusement, la formule succombe parfois aux travers des mondes ouverts modernes en intégrant un volume conséquent de « padding ».
Certaines activités secondaires répétitives et des mini-jeux obligatoires un peu trop longs viennent artificiellement ralentir la progression scénarique, frustrant potentiellement les joueurs désireux de se concentrer sur le fil rouge de l’aventure. Le level design souffre également d’une mini-map en deux dimensions peu adaptée aux reliefs escarpés et à la verticalité de l’univers, transformant de temps à autre la recherche d’objectifs de quêtes en un parcours labyrinthique agaçant.
L’excellence absolue d’un système de combat hybride sans égal
S’il y a bien un domaine où le jeu frôle la perfection, c’est dans son système de combat. Fusionnant magistralement l’action en temps réel et la réflexion tactique de la jauge ATB, les affrontements se révèlent incroyablement dynamiques et stratégiques. Les nouveautés de cet épisode, articulées autour des compétences de synergie entre les personnages, apportent une richesse tactique bienvenue.
La gestion des matérias, la personnalisation des builds et la complémentarité des héros offrent une profondeur de jeu phénoménale. Que l’on affronte un groupe de monstres locaux ou des boss dantesques exigeant une préparation minutieuse, le plaisir reste total. Ce système hybride s’impose sans conteste comme l’un des plus aboutis et gratifiants de toute l’histoire du jeu de rôle orienté action.
Une profusion généreuse de contenus pour des dizaines d’heures d’aventure
Pour un tarif conseillé de 59.99 €, l’investissement s’avère d’une rentabilité exemplaire. Comptez facilement entre 30 et 50 heures de jeu en ligne droite pour voir le dénouement de l’histoire principale, et bien plus de la centaine d’heures si vous visez le complétisme absolu. Le titre regorge d’activités, à commencer par le fantastique jeu de cartes « Queen’s Blood », une véritable drogue ludique qui justifie à elle seule de s’attarder dans chaque taverne du monde.
L’ensemble est porté par une bande-son tout simplement légendaire, retravaillant avec un génie absolu les thèmes originaux de Nobuo Uematsu pour s’adapter dynamiquement à l’intensité de l’action. Enfin, on saluera l’intégration d’excellentes options d’accessibilité et de fonctionnalités « streamlined » qui permettent de fluidifier la progression globale, rendant cette aventure pharaonique agréable à parcourir pour tous les profils de joueurs.
[TEST] FINAL FANTASY VII REBIRTH
📝 Conclusion
Final Fantasy VII Rebirth est une suite grandiose qui confirme tout le bien que l’on pensait de cette trilogie de réinvention. Porté par un système de combat hybride exceptionnel, une bande-son magique et un casting de personnages plus attachants que jamais, le jeu de Square Enix offre une aventure mémorable. Si le portage sur Xbox Series doit composer avec des faiblesses techniques notables en mode performance, l’expérience globale en mode 30 images par seconde reste hautement recommandable. Malgré un léger excès de remplissage dans son monde ouvert, ce voyage est un indispensable absolu pour tous les amateurs de grands jeux de rôle.
✅ Points positifs
- Une histoire épique et émouvante portée par des personnages d’une incroyable profondeur.
- Le système de combat hybride (Action/ATB) dynamique, hautement stratégique et grisant.
- Une direction artistique somptueuse alliée à une bande-son magistralement réarrangée.
- Une durée de vie colossale et des mini-jeux addictifs, notamment l’excellent Queen’s Blood.
- Des options d’accessibilité et de confort bienvenues pour fluidifier l’exploration.
❌ Points négatifs
- Des lacunes techniques sur le portage (chutes de framerate et saccades en 60fps).
- Présence de textures floues en basse résolution et de pop-in persistant.
- Un trop-plein de contenus secondaires répétitifs qui dilue parfois le rythme de la trame principale.
- Navigation parfois laborieuse à cause d’une mini-carte 2D inadaptée à la verticalité des zones.
- Une narration qui s’égare parfois dans des explications confuses sur les lignes temporelles.
👨💻 Développeur : SQUARE ENIX CO., LTD.
🏢 Éditeur : SQUARE ENIX
📅 Sortie : 03/06/2026
🎮 Plateformes : Xbox Serie X
🧪 Testé sur : Xbox Serie X